20 novembre 2016 | La « post-vérité »

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« Post-Truth », a été désigné mot de l’année par le dictionnaire Oxford. La « post-vérité »

signifie en substance que nous basons maintenant nos informations non pas sur les faits ou la

science (la vérité) mais sur l’opinion et les émotions. Dans une époque (Brexit, Trump) où les commentateurs politiques ont remplacé les journalistes et où l’histoire s’écrit par la perception médiatique plus que par le recensement rigoureux des faits, ce mot devait tôt ou tard recevoir les grands honneurs.

Les relations publiques ne sont pas épargnées par ces tendances communicationnelles et médiatiques. Admettons cependant que la perception, l’influence des médias et l’émotion ont toujours été des éléments s’étant retrouvés au cœur du travail du relationniste. Tantôt nous devrons répondre à une mauvaise impression qui circule alors que d’autres fois nous voudrons à notre tour frapper l’imaginaire de nos publics cibles. Ce va et vient entre les faits et la perception, la science et l’opinion est justement le travail du relationniste. Un espace de jeux complexe où se confondent l’objectivité et la subjectivité.

La vérité sera toujours présente et nous ne pouvons pas imaginer qu’une information transmise se base strictement sur un mensonge. Vous pouvez utiliser la tribune la plus impressionnante et y transmettre de façon très habile votre opinion à l’effet que la terre soit plate, il y a peu de chance que vous soyez retenu pour un prix Nobel de physique. Ainsi, la vérité n’est jamais totalement évacuée, même si le mot « Post-Truth » laisse entendre autrement.

La question est donc bien de savoir quelle vérité nous semble plus importante qu’une autre, quel fait plus significatif qu’un autre. Ce travail de pondération de la valeur des faits n’est certainement pas une science exacte. Est-ce qu’une opinion bien construite et empreinte d’émotions vaut plus que la livraison ennuyeuse d’une série de faits ? Nous devons accepter que la réponse à cette question puisse varier d’un individu à un autre, d’une époque à une autre. Ce floue appartient à la nature humaine… et c’est une bonne chose.