27 février 2017 | NASA: la fabuleuse faiseuse d’image

Selon Influence communication, la découverte des exoplanètes pouvant abriter de l’eau liquide par la NASA a été la première nouvelle en importance au Canada jeudi dernier. Cela faisait déjà quelques jours que cette agence nous préparait à l’annonce d’une découverte majeure. Nous n’avons pas été déçus: sept nouvelles planètes comparables à la terre pourraient abriter de la vie dans le système TRAPPIST-1. Cette découverte stimule l’imaginaire.

Fermez-vous les yeux un instant et remémorez-vous une image que vous avez retenue de cette importante annonce de la NASA.

Est-ce que c’est l’image ci-dessous qui vous revient en tête ? Probablement non.

Pourtant, ce graphique représente exactement ce qu’ont vu les astronomes dirigés par Michaël Gillon de l’Université de Liège en Belgique. Il s’agit de la trace de ces sept planètes captée par Spitzer, le télescope infrarouge de la NASA. Les observations réalisées à l’aide de cet appareil, jumelées aux observations effectuées par plusieurs autres télescopes terrestres, ont permis de capter la trace lumineuse de ces sept planètes lorsqu’elles passaient devant l’étoile naine du système TRAPPIST-1. Ces observations ont permis de déterminer la taille, la masse, l’orbite et la température de chacune de ces planètes et la densité pour six d’entre elles. Rien de très sexy.

Parions que lorsque vous pensez à cette annonce de la NASA, vous avez plutôt en tête cette image où l’on voit… de l’eau et des paysages dignes de Star Wars!

Un journaliste aurait pu exiger davantage de rigueur de la part de la NASA. Car cette vue d’artiste est précisément une image préfabriquée de toute pièce ! Exactement le genre de reproche que certains journalistes entretiennent à l’égard des professionnels en relations publiques : nous serions des faiseurs d’image.

Mais dans ce cas-ci, c’est vrai ! Cette illustration a été réalisée à la demande de la NASA. Et c’est tant mieux. Cela a permis à l’agence spatiale américaine de mieux faire passer son message. Tous comprennent qu’il s’agit de l’interprétation d’un artiste qui ne s’est pas basé uniquement sur les données brutes que lui ont transmises les astronomes pour réaliser son dessin.

Malgré cette imprécision scientifique évidente, les médias du monde entier ne se sont pas gênés pour préférer cette illustration plutôt que le graphique technique afin d’illustrer leurs reportages.

À quelques jours du premier budget de l’administration Trump, où les scientifiques américains se mobilisent afin d’éviter le couperet budgétaire, la NASA voulait certainement marquer un grand coup médiatique. Même si trois des sept planètes avaient été identifiées en 2016, l’agence cherche à démontrer toute la pertinence de ses recherches et…  l’importance de conserver son budget de 19 milliards de dollars.

LA NASA aurait-elle pu créer un tel coup de circuit en publiant uniquement les graphiques détaillant les résultats des observations captées par son télescope ? Certainement pas.

Car comme le disait si bien Yvon Deschamps : « On veut pas le savoir, on veut le voir »!

Patrick Howe

CONSULAT relations publiques

(Crédit pour les photos: NASA/JPL-Caltech)